Amère libération

Comme promis, avec la nouvelle année, nous commençons à publier des articles sur des thématiques conseillées par nos lecteurs.

Sur les conseils de Mireille (lecteur et cliente de Paris), je viens de terminer la lecture de « amère libération », ouvrage d’Eliane PATRIARCA, édité par les éditions Arthaud en mai 2017.

L’auteur retrace le calvaire des populations de la « Ciociaria », (pays situés dans le Latium, et plus précisément au sud est de Rome) pendant le printemps 1944. Pendant cette période, suite à l’enfoncement de la ligne gotique, les troupes marocaines à la suite du maréchal Juin, s’adonnèrent à des actes particulièrement atroces à l’encontre de la population civile.

Sans rentrer dans le détail de ces crimes, ce qui frappera le lecteur est le nombre de crimes commis en l’espace de 3, 4 jours sur un territoire somme toute limité. Les exactions des troupes marocaines ne s’arrêtèrent pas à la Ciociaria, mais celui-ci fut le territoire qui plus d’autres porta les stigmates de leur passage.

Plusieurs fois j’ai du interrompre la lecture de cet ouvrage et attendre un moment avant de recommencer la lecture, tellement la description de certaines atrocités m’était insupportable.

La raison pour laquelle j’ai décidé d’en parler sur ce blog est liée non seulement à la loi du silence qui a entouré pendant 60 ans ces faits, mais aussi aux répercussions sur la mémoire transgénérationnelle que ces événements continuent  avoir.

L’auteur même est l’héritière d’Italiens ayant quitté cette région, même si elle découvrira qu’ils ne furent pas concernés par ce qu’elle décrit dans son livre.

Les femmes et les hommes qui ont été victimes de viols collectifs pendant ces journées de 1944 ont souvent gardé en leur for intérieur leur drame. Les raisons de ce choix étaient multiples : honte, prostration, peur d’être mis aux marges de la société. Pendant les dernières années des associations locales ont commencé à ré-élaborer l’histoire de ces moments tragiques grâce aux témoignages des derniers survivants ou à la lecture des compte rendus de la police et aux autres sources d’archive. En lisant « amère libération », l’on a l’impression que des communautés entières ont entrepris une sorte de thérapie mémorielle pour aller au delà de la tragédie extrêmement violente qui les a touchés dans le passé. Certains villages ont su faire cela brillamment, d’autres n’ont toujours pas trouvé l’énergie de le faire.

Nous voyons donc à quel point le passé de nos aïeux nous concerne de près. Mais nous rentrons la dans un autre sujet….

« Amère libération », Eliane PATRIARCA, éditions Arthaud, 19,90 €.

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2 réflexions sur “Amère libération

    • Bonjour et merci de votre commentaire. Dans l’ouvrage les responsabilités hiérarchiques sont bien établies. Par ailleurs l’auteur cite plusieurs fois un récent ouvrage sur le même sujet, malheureusement épuisé, « Vaincre sans gloire », de Julie Le Gac.

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