Retrouver ses ancêtres italiens : Trieste

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Rares sont les français ayant leurs origines à Trieste, nom possédant une charge émotionnelle intense pour chaque italien s’étant intéressé un peu à l’histoire de son Pays. Certains m’écrivent. Ils ne sont pas tous originaires de Trieste, mais aussi des terres anciennement vénitiennes de l’Istrie et des côtes dalmatiennes, libérées suite à la grande guerre et perdues à jamais en 1947.

La quête de ces personnes s’apparente à une lutte souvent désespérée. Je sens bien qu’ils sont à la recherche d’une identité, mais ils la cherchent dans l’un des territoires les plus ravagés par les deux conflits mondiaux, et dans la terre Italienne la plus tourmentée de ce point de vue.  Ville de frontière, port international, ville mittel-européenne, avec une population à majorité italienne et une forte minorité slave, Trieste a été aussi une contradiction dans les années à cheval entre le 19e et le 20e siècle. L’ambiance est bien illustrée par l’écrivain Giani STUPARICH dans son roman « Ritorneranno ».

Dans cet article je n’aborderai pas des questions techniques, « comment retrouver un acte de naissance à Trieste etc ». Je vais citer brièvement la vie de certains ressortissants de Trieste, qui son représentatifs d’un état d’esprit.

En mai 1915, l’Italie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie. Le but déclaré par le Gouvernement et le Roi (qui forcèrent un parlement majoritairement pour la neutralité) était de libérer les terres italiennes restées sous le joug autrichien, en terminant ainsi l’oeuvre d’unification commencée en 1848. Ces terres étaient des villes et des régions à majorité italienne, mais aussi avec des fortes minorités. Trento, Trieste, l’Istrie, les côtes Dalmatiennes.

Trieste. La situation pour beaucoup de jeunes hommes devint insupportable, italiens, ils étaient appelés à servir sous les drapeaux impériaux, à combattre contre d’autres italiens. Dans la seule ville, environ 1000 jeunes désertèrent, et franchirent clandestinement la frontière pour s’engager volontaires dans l’armée italienne. Ces volontaires renonçaient aussi à leur nom, en échange d’un « nom de guerre ». En effet, s’ils tombaient prisonniers des autrichiens, ils risquaient d’être pendus pour trahison (ce qui arriva à un certain nombre d’entre eux.)

Parmi ces jeunes, animés souvent d’idéaux démocrates et culturellement ouverts d’esprit, nous pouvons citer les écrivains et intellectuels :

  • Carlo et Giani Stuparich : ils n’ont eu aucun doute sur la voie à suivre lorsque leur empire alla à la guerre. Les deux frères ont vécu les difficultés et la dureté de la vie dans les tranchées jusqu’à l’épilogue de leur histoire où le 30 mai 1916, lors de la bataille du « Monte Cengio » Carlo se suicida pour ne pas tomber entre les mains des Autrichiens . Giani finit dans un camp de prisonniers jusqu’à la fin de la guerre. Giani Stuparich nous a laissé l’un des meilleurs ouvrages sur la Grande Guerre italienne, « Ritorneranno » (Ils reviendront) où l’écrivain parle de Trieste, de sa famille, de son expérience dans les tranchées, de la tragédie de tant de jeunes.
  • Scipio SLATAPER, mère italienne, père slave, représente bien l’âme de Trieste, la ville qui est située au carrefour de trois mondes: latin, slave et germanique. Nous lui devons un essai assez méconnu, « Mon frère le Carso », un véritable hymne à son pays natal. Slataper est mort le 3 décembre 1915 sur le mont « Podgora ». Il avait 27 ans.
  • Cesare BATTISTI, a été capturé le 10 août au sommet du mont « Corno ». Il avait déserté l’armée austro-hongroise pour s’enrôler en Italie. Il a été pendu le 12 juillet, à Trente après un procès farce.
  • Antonio BERGAMAS, est mort au combat en 1916 et son corps n’a jamais été identifié. En 1921 sa mère, Maria BERGAMAS, fut choisie pour représenter des centaines de milliers de mères de soldats inconnus, et pour choisir l’un des 11 cercueils de soldats inconnus dans la basilique d’Aquileia. Elle aurait dû choisir symboliquement un cercueil et un corps, celui du « soldat inconnu ». Elle a choisi le dixième cercueil et s’est ensuite évanouie.

Comme il ressort des ouvrages qu’ils nous ont légués, ces jeunes volontaires voulaient une Europe libre, l’élimination du militarisme prussien et l’éclatement de l’empire austro-hongrois. Une partie de ces rêves durent attendre encore pendant 30 ans, et Trieste devait entre-temps connaître des jours bien difficiles.

00-Giani-Chiappelli      Carlo_Stuparich      Scipio_Slataper_ritratto                                             Antonio Bergamas        Trieste-Stemma         Cesare_Battisti,_Milano,_1915_(portrait)

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