Le recensement florentin de 1810

Un matin de 1916, un camion plein de papiers s’est arrêté sur la « Piazza della Signoria ». Il doit envoyer au pilon des vieux documents de l’administration municipale, lorsque le chef du Bureau des statistiques de la ville, remarque dans le tas sept grands volumes reliés en cuir.

Il décide de sortir ces volumes du camion, et ce faisant, il sauve les registres du recensement de 1810, avec les données des 72.362 habitants de Florence. A l’époque en question, cette source était encore inconnue.

Ce recensement était différent de ceux qui l’avaient précédé et qui suivirent.

En 1810, l’administration souhaitait non seulement vérifier le nombre d’habitants de la ville et leur revenus, mais aussi effectuer des sondages en vue de la mise en lace d’une conscription militaire.

Dans une circulaire, la maire de Florence expliquait de vouloir disposer d’un état des habitants de la ville, avec leurs noms, âge, état de naissance, dernier domicile, profession ou autres moyens de subsistance.

C’est la première fois que nous trouvons l’âge des citoyens florentins exprimé non pas en année de naissance, mais à travers la date de naissance: une circonstance qui malheureusement n’empêche pas le phénomène des déclarations erronées.
La question la plus difficile à résoudre est celle de la vérification de la condition économique des habitants: dans la fiche fournie aux enquêteurs figurent 5 grandes classes: riches, riches, confortables, pauvres, démunis.

Le 16 décembre 1809, le maire nomma 114 citoyens chargés d’effectuer le recensement maison par maison, tâche remplie entre janvier et avril 1810. Les officiers notaient les informations sur des fiches qui étaient ensuite transcrites sur les registres existants encore aujourd’hui.
Tout cela conduit au problème de la fiabilité de ces sources.

En 1766, un autre recensement avait été effectué à Florence, en étroite collaboration avec les Arts et les Corporations de la ville. À cette circonstance correspond une classification des métiers divisés verticalement en fonction de l’articulation des différents secteurs productifs (soie, laine, cuir, bois).

Soixante-quinze ans plus tard, lors de l’enquête de 1841, le critère de classification retenu est basé sur la distinction horizontale et transversale entre travailleurs et commerçants: l’articulation des secteurs de production est devenue plus confuse.

En effet, le recensement de 1810 se situe sur la crête d’un processus de transformation sociale : d’un côté, il suit la hiérarchie traditionnelle des sociétés dans l’organisation des rôles de production (maîtres, apprentis etc). D’un autre côté, nous ressentons les effets de l’émergence de la classe des commerçants et des petits commerçants.

Dans ce cadre, le recensement de 1810 nous livre une « photographie », parfois maladroite, de cette société en transformation, mais le généalogiste qui aura la chance d’étudier cette source, y trouvera des éléments d’un extrême intérêt.

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